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Comme le média radiophonique demeure et se régénère aujourd'hui encore, on constate qu'il n'a pas été dépouillée de toutes ses vertus. Bien qu'à l'heure de l'essaimage des webradios se pose la question de l'ancrage territorial, et de l'adresse de tels contenus. Alors où faire radio ? à qui parler ? Comment parler sans redoubler le bruit ambiant ? Quelles sont les paroles inédites, pour qui ? à quelles relations inédites renvoient-elles ? Par quels dispositifs les capter, les révéler ? Mais existe-t-il une seule radio ?
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Radioùestla est sensible à la question posée par la philosophe féministe Gayatri Spivak. Les subalternes peuvent-elles parler ? La penseuse de déclarer : « je réponds par la négative à la question que je pose dans le titre : non, les subalternes, dans la mesure même où elles sont en position de subalternité, ne peuvent pas parler. Et ceux qui prétendent les entendre ne font en réalité que parler à leur place. »
< « Inventer son métier à la banlieue de l’art » Yvain Von Steinbut >
< PNLS le travail du commun >
S'appuyant sur la pensée du chercheur Dominique Wolton, le média ne cherche pas à produire de la communication plus que de l'information. Cultivant les moments vécus pour produire des moments à ouïr, il vise à interroger les contingences sociales superflues pour produire une solidarité variée, renouvelée.
Le média construit un réseau territorialisé, préoccupé par les conditions de l'ici et maintenant, aux gens qui le peuplent. Il capte et diffuse au gré des invitations, des appels à contribution.
Selon la philosophe Silvia Federici, un commun requiert les éléments suivants pour exister :
• des espaces autonomes, cherchant à dépasser les divisions & à créer les conditions nécessaires à l'autogestion ;
• l'existence d'une propriété collective, sous la forme de ressources naturelles ou sociales partagées, accessibles à toutes et tous sans aucun distinction, mais qui ne peuvent être vendues ;
• une nature non pas des choses mais de relations sociales à travers une mise en commun et des liens de solidarité ;
• un fonctionnement sur la base de règles établies qui stipulent comment utiliser et préserver la richesse commune, les droits et les devoirs des communeuses et communeurs ;
• l'impossibilité d'exister sans communauté ;
• le fondement sur la coopération sociale, les relations de réciprocité et la responsabilité à l'égard de la reproduction de la ressource partagée ;
• la structuration autour de prises de décisions collectives, pouvoir de base découlant de compétences attestées, ainsi que sur la rotation des fonctions de pouvoir ;
• une perspective qui encourage l'intérêt commun dans tous les aspects de la vie & de l'action publique.
La philosophe s'intéresse historiquement aux combats contre les « enclosures » privatisant l'accès à ce qui auparavant était commun. Dans la parole, peut-on parler d'« enclosures », comme de paroles confisquées ? Quelles seraient-elles ? Quelles seraient les paroles accaparées ? Empêchées ?
Avec rigueur et esprit critique, sans verser dans un complotisme facile, Radioùestla explore, en pratique et en théorie, ce fil rouge. Parce que l'impensé est un lieu de poésie, de rêve et de révolte.

